Conformité CRA pour éditeurs et distributeurs de logiciel
Si vous vendez un plugin, un module, une image ou une appliance, vous avez 24 heures pour signaler toute faille activement exploitée. À partir du 11 septembre 2026.
- Applicable au 11 septembre 2026
- Alerte précoce sous 24 h
- Divulgation coordonnée publiée
- Y compris sur le parc installé
- Suis-je concerné ? Réponse en 1 h
- Une procédure écrite
- Déclarations pré-remplies
- Nomenclature logicielle (SBOM)
- Veille CVE et catalogue KEV
- Réponse sous 8 h
- Traçabilité écrite et datée
- Périmètre logiciel web assumé
À partir du 11 septembre 2026, une vulnérabilité activement exploitée dans un de vos produits doit être signalée sous 24 heures, y compris sur un produit livré il y a cinq ans et toujours en service chez un client. Le plafond de sanction est fixé à 15 millions d'euros ou 2,5 % du chiffre d'affaires mondial. Personne n'attend qu'il serve contre une petite structure, mais l'obligation, elle, ne dépend pas de votre taille. Nous vous donnons de quoi savoir où vous en êtes, ce que vous devez publier, et qui décide le jour où ça tombe. Pour comprendre le cadre avant d'aller plus loin, lisez notre article Cybersécurité des produits : la première obligation européenne s'applique dès septembre.
Ce que le règlement exige, concrètement
Trois obligations entrent en vigueur le 11 septembre. Signaler sous 24 heures toute vulnérabilité activement exploitée ou tout incident grave, puis notifier complètement sous 72 heures, puis remettre un rapport final. Publier une politique de divulgation coordonnée : une adresse de contact sécurité qui existe vraiment, un fichier security.txt, une page qui dit comment vous recevez un signalement. Traiter les vulnérabilités de manière documentée, et informer vos utilisateurs.
Les exigences de conception, nomenclature logicielle, marquage CE, absence de faille exploitable connue à la mise sur le marché, arrivent en décembre 2027. Elles ne sont pas rétroactives. L'obligation de signalement, elle, s'applique à tout votre parc existant.Ce que nous faisons, et ce que nous ne faisons pas
Nous travaillons sur la pile logicielle web : CMS, extensions, modules, images et appliances, applications PHP et serveurs Linux. C'est ce que nous exploitons tous les jours depuis vingt ans, et c'est là que notre avis vaut quelque chose.
Nous ne prenons pas le firmware embarqué, le matériel, ni les dispositifs médicaux. Reconstituer la chaîne de sous-traitance d'un firmware demande des compétences que nous n'avons pas, et une nomenclature logicielle bâclée dans ce domaine vous mettrait en risque plutôt qu'en conformité. Si votre produit est matériel, nous vous le disons dès le premier appel et nous vous orientons.Trois étapes : savoir, se mettre en règle, y rester
La première question n'est pas « comment se mettre en conformité » mais « suis-je concerné ». Beaucoup de ceux qui pensent l'être ne le sont pas : un hébergeur, un intégrateur, une entreprise qui utilise un CMS pour son propre compte ne sont pas fabricants. Et l'inverse est vrai aussi, quelqu'un qui vend un module depuis des années ne se voit pas comme un fabricant de produit numérique. On commence donc par trancher, puis on construit ce qu'il faut, puis on maintient.Qualification CRA
- Fabricant, distributeur, dépositaire ou hors champ
- Les critères précis, pas juste le verdict
- Les obligations qui en découlent pour vous
- Ce qui est exigible en 2026, et en 2027
- Sans engagement
Procédure de signalement
- Politique de divulgation coordonnée publiée
- Adresse security@ et fichier security.txt en place
- Matrice de décision : qui, quand et les critères
- Formulaire de déclaration (24/72h et 14j)
- Un protocole simple, applicable par vos équipes
Veille et réponse
- Surveillance des CVE sur logiciel et dépendances
- Catalogue KEV et alertes CERT-FR
- Réponse sous 8 heures, week-ends compris
- Qualification de l'exploitation active
- Assistance à la rédaction de la déclaration
Ce que « réponse sous 8 heures » veut dire, et ne veut pas dire
Nous préférons l'écrire noir sur blanc plutôt que de le découvrir ensemble un dimanche matin. La réponse n'est pas le correctif. Sous 8 heures, nous vous recontactons, nous qualifions si la faille est réellement exploitée, nous établissons quels produits et quels déploiements sont concernés, et nous vous aidons à rédiger la déclaration. Corriger le code, c'est un autre travail, chiffré à part ou couvert par votre contrat de maintenance.
Le chronomètre part de notre détection ou de votre appel, pas du moment où la faille a été exploitée dans la nature. Et nous ne déclarons jamais à votre place : l'obligation pèse sur le fabricant, elle n'est pas délégable. Nous préparons, vous signez. Enfin, la veille porte sur une liste de produits nommée dans le contrat. Ce qui n'y figure pas n'est pas surveillé, et nous préférons une liste courte et tenue qu'une promesse large et creuse.Un écosystème qui rend la conformité tenable
La conformité au CRA n'est pas un document à produire, c'est une capacité opérationnelle. Signaler une faille en 24 heures suppose de savoir qu'elle est exploitée, donc de disposer de journaux et d'une supervision qui le montrent. Prouver qu'on a fait le nécessaire suppose une trace écrite. Restaurer après un incident suppose des sauvegardes testées. Ces briques, nous les exploitons déjà pour nos clients, et elles se branchent directement sur votre dispositif de conformité.
Chaque mois, selon votre niveau de service, nous documentons les alertes traitées, les correctifs appliqués et les décisions prises. Le jour où une autorité, un assureur ou un client vous demande ce que vous avez fait, vous avez la réponse par écrit et datée.
Supervision continue
Sauvegarde externalisée
Maintenance et correctifs
Foire aux questions (FAQ)
Deux dates, pas une. Le 11 septembre 2026, l'obligation de signalement devient opposable : 24 heures pour une alerte précoce, 72 heures pour la notification complète, 14 jours pour le rapport final. Elle vaut pour tout ce que vous avez déjà livré. Le 11 décembre 2027, ce sont les exigences de conception qui s'ajoutent : nomenclature logicielle, marquage CE, absence de faille exploitable connue à la mise sur le marché. Celles-là ne concernent que les produits mis sur le marché après cette date.
Le manquement à l'obligation de signalement est sanctionné jusqu'à 15 millions d'euros ou 2,5 % du chiffre d'affaires mondial. Ce plafond vise les grands manquements, pas la TPE qui a déclaré avec deux heures de retard. Mais le risque réel pour une petite structure est ailleurs : un client qui exige la preuve de votre conformité avant de signer, un assureur qui s'y intéresse après un incident, un concurrent qui affiche une politique de divulgation quand vous n'en avez pas.
Non, pas au titre du CRA. Le règlement vise ceux qui mettent un produit numérique sur le marché, pas ceux qui l'utilisent. Faire tourner un Tiki, un WordPress ou un Nextcloud pour votre propre activité ne fait pas de vous un fabricant. Votre hébergeur et votre intégrateur ne le sont pas davantage : ils vendent une prestation.
En revanche, le CRA vous concerne indirectement, par vos fournisseurs. À partir de septembre 2026, ils doivent déclarer leurs failles exploitées, ce qui rend leur sérieux vérifiable et donc contractualisable. Quatre questions à leur poser dès maintenant : sous quel délai vous informent-ils, quelle période de support annoncent-ils, ont-ils publié un canal de signalement, fournissent-ils une nomenclature logicielle. Un fournisseur incapable de répondre en 2026 vous coûtera cher en 2027.
Le délai de 24 heures est en heures calendaires : il ne s'arrête ni le week-end ni en août. Une faille dont l'exploitation est constatée un vendredi à 20 h doit être signalée avant le samedi 20 h.
C'est précisément ce que couvre notre abonnement de veille. Sous 8 heures, nous vous recontactons, nous qualifions si la faille est réellement exploitée, une preuve de concept publiée ne suffit pas à déclencher le compte à rebours, nous établissons quels logiciels et quels déploiements sont touchés, et nous vous aidons à rédiger la déclaration. Un logiciel, c'est une base de code que vous distribuez : un plugin, un thème, une image, une appliance. Les versions d'un même logiciel comptent pour une.
Des limites que nous préférons écrire : la réponse n'est pas le correctif, qui relève de votre contrat de maintenance ; et nous ne déclarons jamais à votre place, car l'obligation pèse sur le fabricant et n'est pas délégable.
Parce que la valeur n'est pas dans le nombre de pages, elle est dans les décisions qu'elles contiennent. Une procédure de signalement utile répond à des questions précises : à partir de quels indices considère-t-on qu'une faille est activement exploitée, qui a le droit de déclarer, que fait-on si cette personne est injoignable, quelles informations doivent être prêtes avant d'ouvrir le formulaire. Ces arbitrages demandent de connaître le règlement et votre organisation.
Comparez au coût de l'alternative : improviser un dimanche matin avec un compte à rebours de 24 heures, ou découvrir après coup qu'on n'a pas déclaré ce qu'il fallait. Le forfait couvre le document, sa mise en place technique, adresse de contact, fichier security.txt, page de divulgation publiée, et une relecture avec votre équipe. Nous annonçons cinq jours ouvrés et un prix ferme, pas une régie ouverte.
Parce que nous n'écrivons pas de la conformité en général, nous exploitons la pile sur laquelle porte votre risque. Vingt ans de CMS, d'extensions, de serveurs Linux et de supervision, avec une veille CVE qui tourne déjà pour nos clients. Quand une faille sort sur un composant que vous utilisez, nous savons ce qu'elle fait, pas seulement quel article du règlement elle déclenche. Et vous avez un interlocuteur unique, qui connaît votre installation et que vous joignez directement.
Nous disons aussi non. Le firmware embarqué, le matériel, les dispositifs médicaux ne relèvent pas de notre expertise, et nous vous le disons au premier appel plutôt que de facturer un travail que nous ferions mal. Si votre besoin dépasse notre périmètre, un cabinet spécialisé sera le bon choix, et nous vous le dirons.
Pour aller plus loin
Une heure suffit pour savoir de quel côté vous êtes